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Reportages de La Presse Québécoise par Ismène Toussaint
Photo de Ismène Toussaint
Ismène Toussaint
Photo de Archie Martin
Archie Martin
Photo de Ismène Toussaint
Russel Bouchard


La Presse Québécoise, novembre 2006
La longue marche du peuple oublié... par Russel Bouchard. Quand le portageur de Chicoutimi rejoint le voyageur de Saint-Boniface

La Presse Québécoise, novembre 2006
Le Chef Métis Archie Martin en mission au Manitoba

La Presse Québécoise, décembre 2006
Archie Martin libère les Métis du Nouveau-Brunswick du carcan de l’alliance des premiers peuples de l’Est!



La Presse Québécoise, novembre 2006

UNION MÉTISSE EST-OUEST

La longue marche du peuple oublié... par Russel Bouchard. Quand le portageur de Chicoutimi rejoint le voyageur de Saint-Boniface.

Voici un ouvrage qui devrait clouer définitivement le bec à ceux qui osent encore prétendre, même dans les plus hautes sphères du gouvernement, qu’« il n’existe pas de communautés métisses au Québec ». Dernier-né d’une trilogie qui avait débuté avec La Communauté métisse de Chicoutimi/ Fondements historiques et culturels (2005) et s’était poursuivie avec Le Peuple métis de la Boréalie/Un épiphénomène de civilisation (2006), La longue marche du Peuple oublié…/Ethnogenèse et spectre culturel du Peuple métis de la Boréalie, de l’historien Russel Bouchard, se veut une réponse sans détours aux exigences que la Cour Suprême du Canada impose aux Métis pour se faire reconnaître via l’arrêt Powley de 2003 : établir les assises historiques de leur communauté ; prouver que cette dernière n’a jamais cessé d’exister et qu’elle existe toujours en vertu de ce lien historique ; et démontrer l’originalité de sa culture par rapport à sa double composante euro-canadienne et indienne.

Se fondant sur de nombreux documents et cartes rares, l’écrivain-chercheur est parvenu ici à retracer l’histoire complète des Métis de la Boréalie, l’un des berceaux-fondateurs du métissage, depuis l’arrivée des Européens et l’établissement des premiers postes de traite jusqu’aux revendications actuelles des droits ancestraux et territoriaux de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan (CMDRSM - président : Jean-René Tremblay), que le traité d’Approche commune risque de spolier prochainement en faveur du peuple Ilnutsh (voir mon article Le Combat des Métis de la Boréalie, mars 2006).

Au-delà de l’aspect scientifique de ce livre, c’est toute une foule de personnages aussi humbles que vaillants, bûcherons, forestiers, artisans, etc., qu’en véritable poète Russel Bouchard fait revivre sous nos yeux avec leurs traditions de chasse, de pêche et de cueillette, leurs mythes et leurs légendes, leur indomptable esprit de Nature, d’Imaginaire et de Liberté. Profondément attachés aux lieux de traite, qu’ils considéraient comme leur chez-soi, les marchands de fourrures métis furent aussi ces intrépides voyageurs qui, au XVIIIe et au XIXe siècles, permirent la pénétration des Blancs au coeur du continent et l’essaimage de comptoirs le long des Grands Lacs ontariens, jusqu’à la fondation de la colonie de la rivière Rouge, futur Manitoba.

Depuis le 21 juin 2005, jour de sa cérémonie de renaissance, le petit peuple métis de la Boréalie, protégé par l’Ours sacré, est sorti de sa ouâche (tanière) pour dire à la face du monde qu’il n’entend plus faire partie des grands oubliés de l’Histoire. Ceux que les Recensements fédéraux de 1851 et 1861 rejetèrent dans l’ombre en tentant de les assimiler aux Indiens des réserves ou aux colonisateurs blancs – et cela, pour ne pas avoir à reconnaître qu’ils étaient les vrais bâtisseurs de notre pays.

Grâce à cet ouvrage, les Métis de l’Est et de l’Ouest célèbrent de nouvelles retrouvailles. Le 8 novembre dernier, Russel Bouchard a été nommé « historien officiel » de l’Union métisse Est-Ouest, qui avait été scellée le 8 mai 2005, et a également reçu des mentions d’honneur du Forum francophone international (section Québec) et de la Société des Amis de Voltaire, à Ferney (Ain, France), laquelle n’a pas hésité à le comparer à cet illustre combattant de la plume.

ISMÈNE TOUSSAINT
Auteure et membre de l’UNMSJM fondée par Louis Riel

N.B. Les oeuvres de Russel Bouchard, dont La longue marche du Peuple oublié…, sont disponibles chez l’historien, aux Éditions Chik8timitch-Saguenay, 33 rue Saint-François, Chicoutimi, Québec, G7G 2Y5.

Pour plus d’informations, consulter le site Internet Le Peuple métis de la Boréalie, www.metisborealie.blogspot.com

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La Presse Québécoise, novembre 2006

Le Chef Métis Archie Martin en mission au Manitoba

L’Union métisse Est-Ouest a le plaisir de vous informer que M. Archie Martin, président-chef intérimaire de la communauté Montréal-Hochelaga (Alliance Autochtone du Québec, AAQ) et chef de file des Métis du Nouveau-Brunswick, séjournera à Winnipeg du 6 au 10novembre 2006. À cette occasion, il représentera M. Carl Dubé, Président Grand-Chef de l’AAQ, au colloque « Species at risk, Our Heritage, Our Responsability » (Les espèces en péril : notre patrimoine et notre responsabilité), qui se tiendra du 7 au 9 novembre dans le cadre du National Species at Risk Workshop for Aboriginal People (Atelier national pour les Autochtones sur les espèces en péril). M. Martin s’entretiendra également sur la situation des Métis du Nouveau-Brunswick avec quelques-uns de ses homologues, dont M. Gabriel Dufault, président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), fondée par Louis Riel.

ISMÈNE TOUSSAINT
Auteure et membre de l’UNMSJM

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La Presse Québécoise, décembre 2006

UNION MÉTISSE EST-OUEST

Archie Martin libère les Métis du Nouveau-Brunswick du carcan de l’alliance des premiers peuples de l’Est!


Ismène Toussaint (Ouest) remettant une coque à Archie Martin, symbole de la résistance des Métis de l’Est
Pas de libération sans liberté de l’être ! – Russel Bouchard

New Castle (Nouveau-Brunswick), 26 novembre 2006, 14 h 30. Depuis une heure et demi, un groupe important de Métis fait le pied de grue dans le hall d’entrée glacé d’un édifice. De Tracady Sheila, Baie-Sainte-Anne, Escuminac, Pointe-Sapin, Saint-Louis de Kent, Lamèque, Richiboucto, Edmunston, Saint-Jean, Moncton, Shédiac, Fredericton, Bathurst, ils sont venus des quatre coins de la province écouter leur principal représentant, Archie Martin, également porte-parole de l’Alliance Autochtone du Québec (AAQ) et Président de l’Union métisse Est-Ouest, qui doit s’exprimer dans le cadre de l’assemblée de l’Alliance des Premiers Peuples de l’Est, un organisme censé défendre les intérêts des Autochtones (c’est à dire les Premières Nations, les Inuits et les Métis, selon l’article 35 de la Constitution) dans les Provinces Maritimes. Je l’accompagne en qualité d’auteure, de membre de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) et de lien-fondateur de cette Union métisse Est-Ouest qui fut préconisée par Louis Riel en 1885.

Lorsque la porte s’ouvre enfin sur une pièce surchauffée, basse de plafond, à l’éclairage glauque, où les tables et les chaises sont disposées comme dans un tribunal, je comprends en un éclair que nous ne sommes pas les bienvenus à cette réunion. Sans nous saluer ni nous présenter, le président, Domitien Paulin, un jeune homme agité, la casquette enfoncée sur des yeux noirs et chafouins, les vêtements négligés, invite ses délégués à prendre place autour de la table et ordonne sèchement aux Métis de s’asseoir derrière Archie Martin. « Je ne parle pas le dos tourné à mon peuple ! » annonce le chef en conviant les siens à s’installer à sa droite.

La suite est digne de la plus sinistre farce qu’on puisse imaginer. Non seulement on interdit à tout participant d’enregistrer, de filmer ou de photographier la séance mais encore d’ouvrir la bouche. Dès qu’un chef de territoire pose une question, qu’un des Pères de l’Union métisse Est-Ouest au Nouveau-Brunswick, Alfred Chiasson, Wilfred Brideau ou Normand Robichaud, tente de prendre la parole ou qu’un Métis se lève pour émettre une opinion, il est brutalement interrompu par le vice-président de l’Alliance, Roland Chiasson, un escogriffe de près de deux mètres de haut, à la mine livide et à la voix de haut-parleur, qui règne par des hurlements, des gestes dégingandés et de furieux froissements de papier sur une assistance plus morte que vive.

Archie Martin entame son discours. D’une voix posée mais ferme, il exhorte les personnes présentes à cesser de se définir comme des Premières Nations et à s’affirmer comme des « Métis ». L’identité, la culture, l’histoire, les traditions, les familles et leur généalogie, le recours à l’arrêt Powley qui permet une forme de reconnaissance… les sujets traités par le leader, révélant autant ses qualités de tribun populaire que toute la poésie du coeur que le mouvement métis Est-Ouest a fait fleurir en lui, ne tardent pas à emporter l’adhésion d’un public habitué à se faire exploiter par des marchands de fausses cartes d’identité métisse et de faux espoirs. « Je suis un Métis libre ! » conclut Archie Martin avant d’essuyer le feu roulant de questions et d’accusations des dirigeants qui projette en pleine lumière leur ignorance, leur cupidité et leur noirceur d’âme.


Tableau de Diane Richard, artiste du Nouveau-Brunswick
Lorsque je débute à mon tour mon exposé sur la fondation de l’Union métisse Est-Ouest, celui-ci se perd dans le flot d’insultes de Roland Chiasson, écumant, la bave aux lèvres. Un frémissement d’indignation parcourt le public. Des portraits de Louis Riel, dont le message a mis trois générations avant de parvenir au Nouveau-Brunswick, circulent. Mais en tant qu’héritière de sa parole, je suis littéralement bâillonnée par les vociférations du grotesque personnage. Aussi, tandis que le doyen, Eric Thibodeau, se lève pour dénoncer la dictature dont les Métis sont depuis trop longtemps victimes, je quitte brusquement la salle sous les regards médusés des deux énergumènes, bientôt suivie d’Archie Martin, des Métis et…d’une bonne partie des délégués de l’Alliance. Au café voisin, des soupirs d’aise se font entendre, des visages marqués par des années de lutte se détendent, un poids tombe des épaules. Des sourires confiants commencent même à s’esquisser. « Nous ne sommes pas des sauveurs, poursuit Archie Martin, mais vous savez désormais que vous avez le choix d’être qui vous êtes et de prendre votre destin en mains ». Cette déclaration nous vaut alors une invitation à venir nous exprimer dans quelques mois à l’occasion d’un meeting spécifiquement métis.

ISMÈNE TOUSSAINT

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