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Revendications territoriales de la nation Huronne
La Presse, dimanche 5 novembre 2006

Découverte de documents non authentifiés faisant de Québec un territoire huron
Des lettres qui n'apportent rien de neuf

Pierre-André Normandin
Mario Girard
Le Soleil et La Presse

Le chef Max Gros-Louis a accueilli avec un grain de sel la «découverte» d'un document historique faisant de Québec un territoire huron. S'il se réjouit de voir enfin les revendications de sa nation entendues, il reconnaît qu'elles n'ont rien de neuf, tout comme ces lettres d'époque.

Dans sa livraison d'hier, le Journal de Montréal dit avoir mis la main sur six documents disparus depuis 1824 permettant à la nation huronne-wendat de revendiquer 100km2 faisant partie du territoire de la ville de Québec. L'une de ces lettres serait une concession de terres faite en 1792 par l'un des derniers jésuites, le révérend Girault.

Or, le contenu de ces lettres était connu depuis longtemps. Ne manquait qu'à trouver les originaux. Voici que le quotidien montréalais dit avoir trouvé leur propriétaire, un collectionneur qui désire préserver l'anonymat.

L'historien Jacques Lacoursière appelle à la prudence puisque le journal ne semble pas avoir fait authentifier les textes. «Est-ce des originaux ou des copies d'époque? Il arrivait que les copistes commettent des erreurs, que des mots soient modifiés. On l'a souvent vu.»

Peu importe, rétorque Max Gros-Louis, puisque les documents ne changent en rien les revendications de sa nation. «On n'a pas besoin d'avoir les originaux. On connaît déjà la teneur des textes. Les historiens qui travaillent pour nous se sont basés là-dessus pour appuyer nos revendications», assure le chef huron.

En effet, des copies circulent depuis plusieurs années. «La plupart de ces documents existent sous forme de copies notariées, ce qui est une forme tout à fait fiable pour le tribunal», indique l'historien Denis Vaugeois, directeur des Éditions du Septentrion et auteur de l'ouvrage La fin des alliances franco-indiennes. Lui-même a d'ailleurs publié certains extraits de ces textes à la fin de son ouvrage paru en 1995.

L'avocat montréalais David Shulze est vivement intéressé par la découverte de ces documents. C'est lui qui avait retrouvé, dans les années 90, un document original lié au traité de Murray, une entente de paix signée entre les Hurons et les Britanniques en 1760.

«C'est une bonne nouvelle d'un point de vue historique, dit-il. Je ne sais pas toutefois de quelle façon ça peut venir appuyer les revendications. Ma compréhension de la chose est que les jésuites ont fait don d'une terre aux Hurons. Mais avaient-ils vraiment le pouvoir de faire cela? Je ne sais pas.»

En effet, la concession a été contestée par l'Église même. «Ce document a été désavoué par les ecclésiastiques, explique l'historien Denis Vaugeois. On a considéré que le père Girault ne pouvait pas faire cela. De leur côté, les Anglais, après la mort du dernier jésuite, n'ont pas reconnu cette concession. Pour eux, il était clair que ça revenait à la Couronne.»

De plus, le spécialiste de l'histoire du droit à l'Université d'Ottawa Jean-Paul Lacasse s'interroge sur la portée du principal document. «On fait un lien entre le territoire concédé aux Hurons en 1651 et la concession faite par le père Girault. Le problème, c'est que les dimensions ne sont pas du tout les mêmes. En 1651, la seigneurie de Sillery fait 20 km sur 5. Or, ce qui est cédé par Girault en 1792 est une terre de 12 arpents sur 30. On parle ici d'un territoire de moins d'un kilomètre carré, soit l'équivalent d'une ferme.»


Presse Canadienne (Montréal), samedi 4 novembre 2006

Les Hurons auraient raison de revendiquer une partie du territoire de Québec

Presse Canadienne
MONTREAL

Six documents anciens prouveraient que les Hurons ont raison de revendiquer une grande partie du territoire de la ville de Québec.

Un quotidien affirme avoir retrouvé la trace de ces documents recherchés depuis près de 200 ans par les autochtones.

Le territoire, autrefois appelé la Seigneurie de Sillery, engloberait une grande partie des banlieues de Québec, soit Sainte-Foy, Loretteville, Vanier et Sillery.

Le Journal a retracé les six manuscrits chez un collectionneur, qui veut conserver l'anonymat en raison de possibles représailles judiciaires.

Si ces documents donnaient raison aux Hurons, ils pourraient exiger d'importantes compensations financières.

En entrevue à NTR, le Grand chef huron, Max Gros-Louis, a déclaré que sa nation fera tout pour récupérer les manuscrits.

Il souligne que les Hurons ne recherchent pas nécessairement à obtenir de l'argent à profusion des gouvernements; selon lui, certaines terres pourraient être récupérées par les Hurons, afin de favoriser l'essor économique de leur peuple.

Mais le premier ministre Jean Charest a voulu rassurer la population de Québec en indiquant qu'il n'y avait pas de demandes formulées en ce moment.


Radio-Canada (Québec), dimanche 5 novembre 2006

Documents territoriaux
Andrée Boucher et Jean Charest avares de commentaires

La mairesse de Québec, Andrée Boucher, et le premier ministre Jean Charest ont réagi avec prudence, mais aussi avec humour à la révélation de la découverte de six documents, entreposés chez un collectionneur qui désire conserver l'anonymat, qui donneraient raison aux Hurons-Wendats qui revendiquent une grande partie du territoire de la Vieille Capitale.

Mme Boucher et M. Charest ont rencontré le grand chef huron Max Gros-Louis samedi, lors de l'inauguration du nouveau boulevard Robert-Bourassa à Québec. Ils ont tous deux rappelé que les questions autochtones sont de juridiction fédérale.

Max Gros-Louis a souligné pour sa part qu'en mars prochain, les Hurons déposeront leurs revendications territoriales auprès du gouvernement fédéral. Le grand chef va réclamer davantage de territoire pour sa nation.

Le territoire en question, d'une superficie de 100 kilomètres carrés, était appelé autrefois la Seigneurie de Sillery. Il englobe des arrondissements et banlieues de Québec comme Sainte-Foy, Loretteville, Vanier et Sillery. D'une largeur de 5 km, il s'étend en longueur de la rive du fleuve Saint-Laurent jusqu'aux secteurs de Valcartier et du lac Saint-Charles, au nord.


La Presse, lundi 6 novembre 2006

Et si l’on accueillait une nouvelle réserve sans réserve!

Gilles Pelletier
Québec

Les quotidiens viennent de publier une nouvelle touchant de vieilles revendications territoriales des Hurons qui pourraient bien créer une enclave originale, pour faire place à une nouvelle réserve indienne et qui agrandirait la juridiction fédérale dans le Québec métropolitain actuel.

Dernièrement, sur la façade du Taj Mahal de Sainte-Foy, les autorités municipales y ont fait inscrire sa nouvelle vocation, en y apportant une subtilité, dont personne ne s’est rendue vraiment compte. Il y est maintenant inscrit : « Arrondissement Sainte-Foy – Sillery ». Sans doute ce geste mettra un baume sur les plaies des citoyens qui ont bien du mal à accepter leur nouvelle situation municipale après l’aventure des fusions forcées.

En raison des titres de propriété détenus par les Hurons et qui refont surface, la ville devra peut-être ajouter au portail de l’ancienne mairie : « Arrondissement Sainte-Foy – Sillery et Territoire Wendake ». Cette idée pourrait nous être profitable dans une certaine mesure. En effet, si les nouveaux arrondissements Sainte-Foy, Sillery et Loretteville devaient devenir « Terre Huronne », cela voudrait sans doute dire que le Fédéral devrait y injecter ses millions, pour faire survivre la nouvelle réserve Wendake et ces budgets additionnels, en provenance des Affaires indiennes, viendraient remplacer les nôtres dédiés à leur entité actuelle. Comme les Hurons sont d’excellents citoyens et de bons entrepreneurs, ils pourraient bien créer une activité économique surprenante dans notre région.

Dans cette histoire, il faut que les tribunaux du pays respectent les traités que les sociétés blanches et amérindiennes de l’époque avaient signés en toute bonne foi. Si les Hurons ont le droit de posséder nos territoires qu’il en soit ainsi. Il faudra bien que les citoyens de Sillery, de Ste-Foy ou de Loretteville s’y fassent et il doit bien être possible de régler ce dossier dans la plus grande civilité. Pourrait-on imaginer madame Andrée Boucher fumer encore une fois le Calumet de Paix avec Max Gros-Louis? Ce n’est pas impossible. Le Temple de l’ex-mairesse de Sainte-Foy serait le lieu tout indiqué pour être transformé en « Long House » ou Maison Longue qui deviendrait le plus grand sauna aux abords des ponts et où le culte des anciens pourrait y être exercé. La proximité des pompiers serait fort avantageuse pour ce type de reconversion.

Maintenant il faut se demander s’il n’existe pas d’autres traités secrets dont les blancs d’alors auraient négligé de respecter. Les droit des Hurons ont été bafoués à maintes reprises au cours des siècles, mais aussi les droits des Canadiens Français, continuent d’être honorés à la miette depuis ces mêmes siècles. Qu’attend donc le Canada pour respecter tous les habitants de ce pays en mettant de côté sa mesquinerie et son racisme légendaire?

 

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